Ben rien, j'suis vénèr', c'est tout.
J'ai pas ma casquette à l'envers pour le dire. Mais le coeur y est.
J'suis vénèr' contre tout et tout le monde ces jours-ci.
J'suis vénèr' contre les dérapages contrôlés du gouvernement qui préfère quelques scandales à "un FN à 20%", et qui assume sans rougir faire exprès de lâcher petite phrase sur petite phrase pour capter l'attention de l'électorat frontiste. Bien. Ce qui suppose d'abord que l'électorat frontiste est un brin primitif, quand même. Tiens, je vais voter UMP parce que là bas, on est comme à la maison, on n'a pas peur des mots mais on a peur des étrangers et ça, on n'a pas peur de le dire. Bref. Je suis sure que l'électeur FN moyen est moins con que le dirigeant majoritaire et populiste lambda.
J'suis vénèr' contre le débat bidon sur l'identité nationale. J'ai peur, là. Je trouve terrifiant - réellement glaçant - qu'on puisse un jour se dire que le pays a besoin de remuer ciel et terre pour se trouver une identité. Une psychanalyse à l'échelle de la nation. Qui suis-je ? Qui sommes-je ? Et a-t-on réellement besoin d'une identité nationale ? Pourquoi personne ne se rend compte que l'unité n'est pas nécessairement dans l'uniformité ? Bref, je flippe ma race, comme disent les musulmans à casquettes dans les té-ci.
Putain, je sais même pas dire identité nationale en verlan.
J'suis vénèr' contre mon patron qui se fout de ma gueule et qui croit que je vais lire mes mails pros le dimanche. Oui, je suis rien qu'une sale feignasse : le week-end, je préfère le passer à boire et à me gaver de doliprane pour faire passer la gueule de bois. Je ne suis pas branchée sur mon PC. Alors, cher patron, sache que je n'existe plus quand j'ai passé la porte du bureau. Sache que je n'ai pas à recevoir des mails d'insultes parce que je n'ai pas pris le temps de nettoyer les dossiers dans TON ordinateur, quand c'est TOI qui y fous le bordel. Sache que mon portable est un portable personnel. C'est-à-dire : sauf cas d'urgence réelle, entre 20h et 9h mat, c'est une ligne qui est réservée à ma mère, à mes potes, aux chagrins d'amour, aux rendez-vous, aux sms coquins, aux comptoirs et aux déclarations. Point.
Sache que j'en ai plein le cul de ta boîte pourrie, de réclamer Office depuis six mois, d'avoir un bureau moche, d'être ta bonne, de faire des allers-retours pour que tu évites de bouger ton cul. J'en ai ma claque.
Sache que là, tu franchis un palier supplémentaire en m'emmerdant de textos malpolis depuis ton télésiège à Courchevel.
Je ne te remercie donc pas pour les 140 euros de "prime" qui n'en sont pas une. Je ne te remercie pas pour ces 140 euros que tu m'a donnés, en décembre, comme un cadeau. Non. Ce sont là ces fameuses heures sup' qui, joie, miracle, me permettront de faire peut-être un ou deux cadeaux décents à mes potes à la compote. Des heures sup' pour ne pas me filer la prime promise, c'est quand même plutôt mesquin. D'autant que des heures sup', j'en fais bien quatorze, mais par semaine.
Voilà, j'suis vénèr'. Parce que je gagne un SMIC. Oui oui. Mille cinquante-quatre euros, nets. Pas de treizième mois, pas d'heures sup', non, mon contrat dit en gros que "ma rémunération ne dépend pas du nombre d'heures effectuées". Je bosse quarante-cinq à cinquante heures par semaine pour ça. Parfois, je craque, je tombe, alors on me donne deux jours de congé, que Sa Majesté m'offre gracieusement comme des RTT. Je mange des anxiolytiques au petit déjeuner pour être capable d'encaisser son stress.
J'suis aussi super vénèr' contre les mecs qui ont volé et découpé le fronton du camp d'Auschwitz-Birkenau. J'aimerais pas être à la place de celui qui va le raccrocher.
Heureusement, magie de Noël, tout ça, la trêve approche. Bientôt les vacances. Pays magique, portable éteint. Bientôt, on va pouvoir se goinfrer égoïstement de saloperies trop grasses et super chères en se lamentant sur l'approvisionnement insuffisant du Monop' en mascarpone la veille de Noël. On va enfin oublier que dans la vraie vie, on est trop vénèr'. Dans trois jours, tout ce qui va compter, c'est de déceler la déception des autres devant nos cadeaux, tout en cachant la nôtre devant les leurs.
Joyeux Noël !
lundi 21 décembre 2009
jeudi 10 décembre 2009
Mais il est mort ce blog ou bien ?
Putain, décembre - déjà.
Noël. La boustifaille à l'honneur et les pubs partout. Surtout, pensez à offrir un appareil électroménager à Bobonne, une perceuse à votre seigneur et maître et un ordinateur à Kévin. Ouais, à ce prix là (1200 euros), il n'y a même plus besoin d'avoir été sage.
Pendant ce temps-là, si vous êtes dans la dèche, pas de panique. Pour dix euros, offrez-vous un sapin qui a tout d'un grand - sauf qu'en fait il fait 50 cm et qu'il vaut mieux pas de sapin du tout. Et grâce à Tati, vous pourrez pleurer de rage sous le sapin (ou au-dessus, c'est selon), parce que vous allez offrir à votre maman une parure collier-bracelet en acier inoxydable (et moche), à 20 euros le tout au lieu de 80 euros le collier.
Choix cornélien, le cadeau cheap ou le pas de cadeau ?
Maman, je t'aime quand même.
Noël. La boustifaille à l'honneur et les pubs partout. Surtout, pensez à offrir un appareil électroménager à Bobonne, une perceuse à votre seigneur et maître et un ordinateur à Kévin. Ouais, à ce prix là (1200 euros), il n'y a même plus besoin d'avoir été sage.
Pendant ce temps-là, si vous êtes dans la dèche, pas de panique. Pour dix euros, offrez-vous un sapin qui a tout d'un grand - sauf qu'en fait il fait 50 cm et qu'il vaut mieux pas de sapin du tout. Et grâce à Tati, vous pourrez pleurer de rage sous le sapin (ou au-dessus, c'est selon), parce que vous allez offrir à votre maman une parure collier-bracelet en acier inoxydable (et moche), à 20 euros le tout au lieu de 80 euros le collier.
Choix cornélien, le cadeau cheap ou le pas de cadeau ?
Maman, je t'aime quand même.
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